80 ans d’audace, de protection et d’innovation au service des exportateurs français.

Depuis huit décennies, les garanties publiques à l’export accompagnent les entreprises françaises dans leur conquête des marchés internationaux. Nées en 1946, dans un monde à reconstruire, elles ont évolué au rythme des grandes transformations économiques et géopolitiques pour devenir un levier essentiel de compétitivité et de rayonnement. 

Ces outils ont permis à des milliers d’entreprises, des PME innovantes aux fleurons français, de se projeter audelà des frontières, tout en anticipant les défis du futur. 

Depuis 2017, Bpifrance Assurance Export gère ce service public stratégique. Son rôle : sécuriser, faciliter et accélérer l’internationalisation des entreprises françaises dans un monde où les risques évoluent sans cesse.

Cette frise retrace 80 ans d’engagement, de modernisation et d’innovation pour bâtir l’un des dispositifs de soutien export les plus complets au monde. 

Les fondations de l'Assurance-crédit export

Le 1er juin 1946, un décret fondateur institue la Compagnie française pour le commerce extérieur, à laquelle l’État confie la gestion de l’assurance-crédit destinée à sécuriser les exportations françaises. À cette époque, les garanties offertes se limitent aux risques politiques, et les exportateurs doivent encore assurer eux-mêmes le financement de leurs acheteurs étrangers.

Dès 1950, une nouvelle étape est franchie avec la loi du 21 juillet, qui crée l’assurance prospection.

Cet outil pionnier vise à accompagner les entreprises dans la recherche de nouveaux débouchés internationaux, en soutenant leurs efforts de prospection à l’étranger.

Archive export France

Structuration progressive et montée en puissance

Dans les années 1960, l’explosion du commerce international met sous tension le cadre hérité de l’après-guerre. Pour répondre aux besoins croissants des pays émergents, les délais de crédit s’allongent jusqu’à dix ans.

En 1963, l’État étend sa garantie au risque commercial, renforçant la compétitivité des exportateurs français.

L’année suivante, les décrets du 25 avril 1964 ouvrent la voie à la garantie des banques sur les crédits acheteurs, facilitant ainsi la conclusion de grands contrats internationaux.

Un des systèmes les plus complets au monde

Dans les années 1970, le dispositif français d’assurance-crédit export se renforce avec la création d’une garantie dédiée aux investissements industriels et commerciaux liés à l’export.

En 1971, une réforme décisive rend le crédit acheteur compatible avec des paiements progressifs, permettant aux exportateurs d’être réglés plus rapidement.

Par ailleurs, le passage aux changes flottants conduit à la remise en vigueur et à la modernisation de la garantie de change, afin de protéger les entreprises contre la volatilité monétaire.

Modernisation et ouverture au marché

Au début des années 1980, après quarante ans d’existence, le dispositif d’assurance-crédit export est considéré comme trop complexe et trop coûteux.

Les réformes de 1985/1986 apportent alors une transformation en profondeur, en redéfinissant à la fois le périmètre et les modalités d’intervention de l’État.

La garantie peut désormais être accordée à des établissements financiers non-résidents, ce qui permet aux exportateurs français de proposer des financements plus attractifs à leurs clients étrangers.

Parallèlement, plusieurs mesures visent à réduire le coût, comme l’introduction d’une quotité non garantie et le relèvement des taux de prime.

Montée du privé et intégration des enjeux environnementaux

Cette décennie connaît une transformation profonde du profil des clients, sous l’effet conjugué de la multiplication des privatisations et de la réorientation des exportations françaises vers des pays plus solvables. Les acheteurs publics laissent progressivement place à des acheteurs privés, ce qui modifie la nature même des risques à couvrir.

Dans ce contexte, l’analyse du risque pays doit impérativement être complétée par une évaluation approfondie du risque acheteur.

En 1999, l’évaluation environnementale des grands projets assurés pour le compte de l’État est formalisée, en cohérence avec les approches communes de l’OCDE, intégrant durablement les impacts environnementaux dans les décisions de garantie.

Transparence renforcée et réponses aux crises

En 2001, dans un souci accru de transparence, des lignes directrices environnementales sont élaborées afin d’identifier, secteur par secteur, les principaux impacts potentiels des projets sensibles.

La même année, l’État met en place une garantie inconditionnelle à 100 % pour les financements des exportations d’Airbus, afin de maintenir la compétitivité de l’avionneur face aux conditions offertes par l’US Exim Bank à Boeing.

En 2009, dans le contexte de la crise financière, le dispositif CAP Export est créé pour pallier le retrait du marché privé et sécuriser temporairement l’assurance-crédit export de court terme.

Soutien ciblé et résilience

La décennie est marquée par la mise en place de dispositifs destinés à sécuriser les exportations françaises dans des contextes économiques instables. En 2012, un mécanisme spécifique d’assurance-crédit court terme est instauré pour couvrir les exportations vers la Grèce, alors en pleine crise financière.

En 2016, un accord économique bilatéral entre la France et Cuba permet d’ouvrir une ligne de crédit court terme dédiée à soutenir les exportations françaises vers l’île.

Deux ans plus tard, en 2018, le dispositif Cap France Export est lancé : il s’agit d’une réassurance du court terme opérée avec les assureurs privés. Ce dispositif est élargi en 2020 pour faire face aux perturbations liées à la pandémie de Covid 19. Toujours en 2018, la Garantie des Projets Stratégiques est créée, afin de soutenir le financement d’opérations jugées stratégiques pour l’économie française.

Transition climatique, transparence accrue et innovations de garantie

À partir de 2021, le bonus climatique introduit des conditions de garantie plus favorables pour les projets durables, marquant une orientation renforcée du soutien export vers la transition écologique.

En 2025, dans un souci accru de transparence, Bpifrance Assurance Export publie pour la première fois son empreinte climat, répondant ainsi aux attentes croissantes de responsabilité environnementale dans l’action publique. La même année, une nouvelle garantie “single risk” court terme devient opérationnelle, destinée à sécuriser des contrats ponctuels non couverts par le marché privé.

En 2026, Bpifrance Assurance Export déploie la Garantie Shopping Line, une évolution de l’assurance- crédit export qui couvre le refinancement progressif de l’emprunteur.

Photo Denis

Denis Le Fers

Bpifrance Assurance Export

Directeur général

"Depuis 80 ans, les garanties publiques accompagnent les entreprises françaises à l’international et Bpifrance Assurance Export en assure la gestion avec la conviction que la compétitivité extérieure, la souveraineté et la réindustrialisation sont désormais indissociables.

Dans un monde marqué par une instabilité géopolitique croissante, les garanties publiques offrent plus que jamais aux entreprises la sécurité nécessaire pour qu'elles puissent se développer à l'international."